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Le sexe en banlieue est un sujet tabou voire caché,
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Coucher avec un garçon de ma cité, Impossible…???

Le sexe en banlieue est un sujet tabou voire caché, dont les filles sont les victimes principales

Le sexe en banlieue est un sujet tabou voire caché, dont les filles sont les victimes principales. Une réputation à tenir, la domination des hommes rendent difficiles la sexualité en banlieue.

 

« Coucher avec un garçon de ma cité ? Impossible », difficile pour Myriam, une jeune femme de 20 ans d’évoquer sa misère sexuelle dans la cité des Beaudottes à Sevran (93). Un peu honteuse de son passé, elle avoue son secret qu’elle n’a dit à personne pour l’instant : « Ma première fois, j’étais pas vraiment prête mais il insistait et me menaçait de le quitter si je ne faisais pas avec lui. Finalement, je l’ai fait et il m’a quittée quelques jours plus tard, après cela, forcement on devient très méfiante ».  Originaire d’Algérie et de confession musulmane, la pression de la famille, elle la connaît et surtout lorsqu’on parle d’un sujet aussi tabou que le sexe. « C’est compliqué de parler de ça avec mes parents, ils sont très croyants, pour eux, je dois me marier le plus tôt possible et avec un « muslim »,  pas de sexe avant le mariage », confie Myriam. 

Se faire oublier

Elle n’a pas vraiment le choix, la discrétion est de mise, cela passe par sa façon de s’habiller : exit les jupes, des tenues larges qui cache son corps de femme sont de rigueur, car c’est devenu une obsession pour certains jeunes hommes de guetter le moindre comportement des filles : « Si on s’habille de manière trop sexy, on se fait vite insulter même agresser par les mecs. ». 

Une réputation qu’il ne faut surtout pas ternir, l’honneur de la famille est en jeu : pour la sociologue des genres Isabelle Clair, « la « mauvaise » réputation des filles est immanquablement liée à leur sexualité, ainsi, les filles sont mises dans l’une des deux cases, soit « pute » soit « respectueuse » ». Une forte tension entre les deux genres qui empêchent les filles d’être libre sexuellement. Elles sont soumises au diktat des hommes.

 

Sortir de cette « prison »

Pour avoir une vie de couple « classique » et connaître ses émois sexuels, tout se passe en dehors de la cité… dans des lieux laissant peu de place au romantisme: « Quand j’étais avec mon mec, on se donnait rendez-vous dans un parc ou des toilettes, mais chez moi ou des endroits pas très loin de la cité, c’est pas possible, on risque de nous voir ! ».

 

Du respect

Une pression sociale dont elle a du mal à se défaire : « Je vis avec, je ne peux pas décevoir mes parents, le respect, c’est une valeur très importante pour moi (…) quand je partirais de chez moi, je pourrais être libre et faire tout ce que je veux. »  Jouer un double jeu, un manque cruel d’intimité, le peu de communication, une atmosphère pesante qui rend les relations entres les deux sexes plus difficile et qui laisse place à une grande frustration pour beaucoup d’entre-elles. Une déception qui n’est pas sans lien avec la pauvreté et la violence permanente dans les quartiers.

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