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Mannequin : mode d’emploi…

Comment réussir à infiltrer le milieu quand on est noire ?

C’est elles les personnes privilégiées de la mode. En France, le nombre de filles voulant être mannequin ne cessent d’augmenter, elles sont de plus en plus nombreuses à courir les castings à la recherche du job qui fera d’elles la prochaine Naomi Campbell. En effet, il y a plusieurs années Linda Evangeslista, Claudia Chiffer  étaient aussi connu que Rihanna, Kim Kardashian, Beyoncé & Cie… Depuis la réputation de mannequin riche, belle et célèbre à la vie facile, s’inscrit dans les mentalités des filles les plus jeunes.  Mais loin des strass et des paillettes la vie de ces jeunes femmes souvent adolescentes, à peine 16 ans pour certaines, n’est pas aussi glamour et l’absence d’écoles de formation rendent ce métier précaire, plus particulièrement pour les jeunes femmes originaires du Sud, où malgré un fort potentiel, il manque cruellement d’agence de mannequinat.

« C’est vrai, c’est l’unique profession au monde où la femme gagne souvent plus que l’homme » affirme Koa, model chez Cosmopolitan. A à peine 23 ans, cette jeune tigresse black compte déjà à son active plusieurs campagnes publicitaires, des figurations dans des films, une participation dans des spots-télé, et pour finir elle défile aussi pour les plus grands couturiers (Isabelle Marrant, Xuly Bët…) Pourtant, ce prestigieux « book » ne se reflète pas sur son compte en banque. Obligé de se livrer à d’autres activités pour gagner sa vie.  Des cas comme celui de Koa, on en rencontre souvent dans cet univers, pour peu que l’on s’aventure dans la « fashion life » de Paris.  Francine par exemple, après son bac elle, à choisi de continuer ses études, aujourd’hui avec un Bac+4, elle poursuit parallèlement le métier de ses passions. La jeune femme est la coqueluche de la société de la haute couture Française.  « En général, le métier est mal payé, mais quand on s’y fait un nom, on ne peut pas accepter n’importe quoi » témoigne celle qui à dû faire avec les difficultés des petits défilés.

En l’absence d’un vrai tremplin et d’un environnement favorable, la carrière d’un mannequin, à de rares exceptions près tourne souvent court « en France, il n’y a même pas d’agences de mannequins pour les filles de couleurs. Si les stylistes et les maisons de haute couture ne te connaissent pas, tu peux dire adieu à ton rêve » continue Francine. Najat, 21 ans d’origine marocaine se considère avant tout mannequin, même si, elle a un Cdi dans une agence de télécommunication.  Son bout de carrière a commencé il y a un an, avec la rencontre d’un photographe, qui deviendra son pygmalion.  Avec ses 60 kilos et son mètre 1.75, ses mensurations son purement ethniques, mais elle s’en moque, elle ne se trouve pas trop forte au contraire elle affirme « nous les magrébines sommes des femmes pulpeuses, je me considère déjà assez mince par rapport à mon entourage, et de plus je représente une population donnée donc je ne veux pas être en compétition avec toutes ces anorexiques du milieu »  le plus dure pour elle confesse-t-elle en riant était de faire accepter son choix à sa famille « ce qui n’est pas toujours évident » reconnaît-elle en se disant prête à défiler pour tous les articles, hormis la « lingerie », difficile à aborder, compte tenu de son environnement culturel.  Aujourd’hui elle affirme que « les portes de la plupart des maisons de coutures me sont fermées ».

A contrario, les styles peines à trouver des filles. Etre mannequin c’est une véritable guerre, où l’on se cache les numéros de téléphones des stylistes et organisateurs de défilés, outils indispensables pour avancer. Les stylistes elles mêmes le confirme, « les bons mannequins, on les compte sur les doigts d’une seule main » déclare Lila Rhumer, une jeune créatrice de vêtements. « Le mannequinat est un métier ces filles doivent avoir l’art de boire, de manger, de regarder, de marcher » autant de choses qui pour elles, sont déterminantes ! Farid scénographe, affirme-lui aussi, qu’il faut remuer ciel et terre, pour trouver des mannequins. C’est pour cela qu’aujourd’hui, certains créateurs, n’hésitent plus à aller puiser dans les rues. 

Mais que gagne-t-on à être mannequin ? Dans les meilleures des cas, si l’on travail pour des grandes agences, entre 200 à 300 euros par défilé ou par série photo, mais l’agence de casting raflent au passage 15 à 20% du montant de chaque contrat acquis.  Certaines, préfèrent travailler à leur compte directement, on les appels les « free-lance », elles travaillent à leur rythme et gagnent tout l’argent pour elles seules. Beaucoup de jeunes filles de couleurs sont dans ce cas, c’est le système « débrouille » dit Khadija, « en free, il y a des gens qui acceptent de contrats beaucoup moins chers, tout est une question de marchandage ». Les agences traditionnelles prennent très peu de filles noires, la demande est faible en France pour ce secteur. Les autres femmes ethniques ; indiennes, asiatiques, magrébines, aussi sont sous représentées. D’ailleurs une responsable d’agence nous avoue, que même la « caucasienne française », n’est pas la plus demandée « nos clients cherchent essentiellement des filles de l’Est », nous confirme la dame. Peut-on réellement parler de discrimination dans ce cas précis ?  Myra, jeune franco-camerounaise, ne s’est pas penché longtemps sur la question. Un matin de juillet, elle se réveil avec l’envie de faire une carrière à Londres « ont m’avait dit qu’il avait plus d’opportunités là-bas, pour les femmes de couleurs, alors j’ai tenté ma change » nous a-t-elle déclaré. « Mais je dois toujours courir les castings, c’est dure, une copine ma confié, qu’elle à fait un jeu de téléréalité, depuis sa carrière à vraiment pris un tournant, je pense qu’il faut tout faire pour avoir un maximum de visibilité au départ, ce qui n’est pas facile » conclut-elle. Aujourd’hui être visible sur les réseaux sociaux est très encourageant pour les femmes ethniques. Les agences nous remarquent un peu plus facilement qu’avant. 

Qu’importe ce que l’on gagne, il n’est pas donné à tout le monde d’être mannequin, de plus la segmentation est encore plus rigoureuse pour les models aux aspirations ethniques. Sans compter les régimes alimentaires sévères et les contrôles journaliers du poids qui constituent la hantise de ces créatures de rêve. Si vous avez moins 1.75 mètres et que votre tour de taille est supérieur au 36-38, alors jeter l’éponge car vous ne serez pas mannequin sauf cas exceptionnel.  Le milieu est donc cruellement sévère.

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