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Restitution d’œuvres d’art africaines : 5 choses à savoir

Les médias parlent de plus en plus du patrimoine de certaines ex-colonies qui se retrouvent en Europe. Plusieurs états africains ou pas réclament les restitutions et les démarches sont déjà entamées. Ces pays ont besoin de reconstituer leur patrimoine culturel qui fait partie de leur histoire. On peut citer le Bénin et le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou le Nigéria. Les discussions sont lentes mais en bonne voie. Dans cet article, vous trouverez quelques détails et explications pour mieux comprendre la restitution des œuvres d’art africain.  

Les faits

Selon de nombreuses sources historiques, le 4 février 1874 au Ghana, en l’absence du roi des ashantis, le royaume est pillé et incendié. Plusieurs pièces de grande valeur sont emportées. Parmi elles, se trouvaient des masques en or, le golden tool (trônes des rois ashantis en or pur). Aujourd’hui, ces trésors volés se retrouvent en Europe. Certains dans les musées notamment le British Museum et d’autres dans des collections privées. Le Ghana a entrepris des négociations pour que la plupart de ces objets historiques reviennent dans leur pays.

Le British Museum rouvre ses portes ! | lepetitjournal.com
Le British Museum crédit photo : lepetijournal.com

Le 17 novembre 1892, trônes et sceptres royaux, bracelets d’argent et d’étain, tentures en soie brodée, chapelets de cauris, innombrables pièces d’or, armes, portes sacrées, statues anthropomorphes disparaissent. On a retrouvé les traces de ces attributs du royaume Fon d’Abomey (Bénin) en Occident. La Namibie décompte plus de 300 têtes humaines dont celle de grands chefs africains qui ont été emportées. Pis, elles ont été présentées lors d’une exposition en 1889. En somme, après la colonisation l’Afrique a été privée d’une bonne partie de son patrimoine culturel et historique.

Etats concernés

Le Bénin s’est réjoui d’un accord avec la France pour la prochaine restitution de 26 objets en bronze. Ces pièces rejoindront bientôt les musées du pays d’Angelique Kidjo. La Côte d’Ivoire attend elle de recevoir de la France, un tambour du patrimoine atchan (peuple du sud-est du pays). Idem pour 100 autres objets d’art qui devraient rejoindre très bientôt le musée des civilisations d’Abidjan.

Musee de la Fondation Zinsou (Ouidah) : 2021 Ce qu'il faut savoir pour  votre visite - Tripadvisor
Musée de la fondation Zinsou à Ouidah, Bénin. Crédit photo : Trip Advisor

Même son de cloche au Tchad où près de 9 000 objets dérobés pourraient quitter Paris pour le musée de Ndjamena. Au Nigéria, Obasandjo réclame la restitution des biens culturels nigérians.

Dates et chiffres clés

Le 05 octobre 2011, la Namibie a reçu des dizaines de crânes et d’ossements de la Charité Universitäts medizin. D’autres restitutions ont suivi en 2014 et 2018. En 2019, les députés français votent à l’unanimité en faveur de la restitution des biens culturels africains. Pour la pratique, les choses se feront progressivement. En février 2019, La bible et le fouet du chef nama Hendrik Witbooi ont été rendus à ses descendants. Ce guerrier serait mort en 1905 dans une bataille contre les soldats de l’Empire allemand.

La restitution d'artefacts coloniaux n'avance qu'à petits pas - Latitude -  Repenser les rapports de force – pour un monde décolonisé et antiraciste -  Goethe-Institut
La bible et le fouet du chef nama Hendrik Witbooi

Un rapport officiel français révèle que 80 à 90% du patrimoine culturel africain se trouvent dans des musées étrangers. Des chiffres qui donnent le tournis! Difficile de comprendre pourquoi les discussions autour des probables restitutions sont aussi lentes. En France, on dénombre plus de 90 000 œuvres d’art appartenant à des pays africains.

Etat d’avancement des choses

Emmanuel Macron a enclenché un processus de restitution. Il a confié le dossier à l’économiste sénégalais Felwin Sarr, et Bénédicte Savoy, historienne française. Les discussions de part et d’autre sont ralenties par des arguments surprenants comme  « le manque ou la désuétude des infrastructures africaines » qui rendraient les africains inaptes à recevoir leurs œuvres d’art. Un ouvrage a même été écrit par Felwin Sarr et Bénédicte Savoy  » Restituer le patrimoine africain » à la lecture de cette ouvrage on se rend compte du cadre juridique limité, et de la difficile d’envisager en l’état la restitution de biens acquis durant la période coloniale.

Felwine Sarr et Bénédicte Savoy « Restituer, c'est entrer dans une nouvelle  relation » | L'Humanité
Felwin Sarr et Bénédicte Savoy

Les trésors emportés

Parmi les biens qui ont quitté le continent, voici quelques-uns :

  • Les bronzes du Bénin : c’est une collection de plaques et de sculpture en laiton issus du palais royal de l’Oba. Leur nombre est estimé à 1000 dispersés à travers le monde.
  • Les mangeurs d’homme du Tsavo : ce sont deux lions du Kenya qui ont dévoré de nombreux cheminots à la fin du 19ème siècle. Les autorités kényanes voudraient récupérer ce qu’il reste des bêtes. Celles-ci se trouveraient à Chicago, précisément au field museum of natural history.
  • La pierre de rosette : il s’agit d’une ancienne dalle de pierre gravée d’hiéroglyphes égyptiens.  Les autorités égyptiennes la réclame également. Elle a été emportée en 1801.
  • La reine Bangwa : c’est une statuette camerounaise de 81 centimètres, représentant le pouvoir et la santé. Elle a appartenu à plusieurs propriétaires avant d’être conservée à la fondation Dapper à Paris.
  • Trésor Maqdala : ces trésors étaient tellement abondants qu’il aura fallu 15 éléphants et 200 mulets pour emporter tout le butin de Maqdala. L’armée britannique aurait dérobé des objets et apparats de l’Ethiopie en 1868 dont une couronne en or du XVIIIe siècle et une robe de mariée royale.
Statue reine Bangwa (3657) - Statues africaines Bangwa - Art africain
la Reine Bangwa, statuette camerounaise

Il faut de nombreuses démarches diplomatiques pour restituer ces objets. Cela dit, les africains ne sont pas les seuls à réclamer leurs œuvres. Le Mexique exige lui aussi, la restitution de 33 pièces mises aux enchères à Paris. Les autorités françaises bien que conscientes n’arrivent toujours pas à faire évoluer les lois de manière significative. Quoi qu’il en soit la France pays des droits de l’Homme, ne peut continuer à exploiter les richesses culturelles des autres. La restitution des œuvres africaines aux africains est impératives afin de permettre le respect mutuel entre l’Afrique et l’Occident.

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