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photo @défilé Iman Ayissi
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Tendance ethnique, une mode en plein boom …

Depuis quelques années, les tissus et bijoux ethniques sont de plus en plus présents dans le monde de la mode.

Depuis quelques années, les tissus et bijoux ethniques sont de plus en plus présents dans le monde de la mode. Wax, madras, colliers girafes et autres anneaux de nez, ne sont plus destinés aux traditionnels et plaisent désormais aux personnes de toutes origines. Zoom sur une tendance qui s’est démocratisée.

Un succès communautaire

Apparu au début des années 80, le terme mode ethnique désigne à la base, le travail de créateurs issus de l’immigration, désireux de montrer la beauté des tendances de leurs pays. Nombreux sont ceux qui ont su tirer leurs épingles du jeu, à l’instar de Alphadi alias le magicien du désert ou Lamine Badyan Koumaté plus connu sous le pseudonyme Xuly Bët, en référence à sa marque de vêtement. Leurs collections étaient plus que osées à l’époque et ont connu un succès international, mais malheureusement très communautaire. Férouze Allali, créatrice et gérante du magasin Africouleur situé dans le 11ème arrondissement de Paris l’a expliqué dans les colonnes du point Afrique, « dans les années 1990, les influences vestimentaires dites « ethniques » n’étaient pas encore popularisées comme aujourd’hui. Pour moi qui avais comme créneau la mode ethnique, ce n’était pas évident, à l’époque, cela n’existait pas. Je me suis donc retrouvée au chômage et je me suis dit que je n’avais rien à faire ici – en France. », c’est d’ailleurs pour cette raison que la créatrice s’est exilée. Pour les jeunes stylistes, comme Alice étudiante en école de mode, si la tendance africaine n’a pas su s’installer à cette époque c’est « parce que les aînés ne l’on pas modernisée. Rien n’était revisité, c’était des boubous, de la Wax et c’est tout ! ».

Une tendance grand public

Si cette mode a mis plus de 15 ans à briser les barrières, « Aujourd’hui, l’Afrique retient toutes les attentions et offre davantage d’opportunités pour les créateurs. », explique Lamine Badyan Koumaté. En effet, depuis 2010 les couleurs de ce continent sont de tous les magazines et podiums. Son exportation de textile a crû de 43% et celle de l’Éthiopie a même augmenté de 2 500 %. Ainsi, les premières maisons de hautes coutures à avoir « ethnicisé » leurs collections furent Burberry et Mickael Kors, lors de la fashion week de New-York collection printemps-été 2012. Sur le cat walk, le public a pu voir des tissus comme le wax mélangé, des colliers traditionnels et autres pagnes revisités. Pour Alice et ses camarades la pérennisation de «l’éthnicisation » dans le prêt-à-porter est une conséquence positive de la mondialisation et de son « melting-pot », qui a permis l’arrivée de nouvelles matières propres à différentes ethnies et différentes cultures dans le paysage fashion. Mais toutes modes a ses icônes, et si la tendance ethnique connait également un tel succès, c’est aussi grâce aux stars qui ont donné de la visibilité à ces matières. Les pionnières à remettre cette tendance au goût du jour furent Alicia Keys, Beyoncé ou encore sa sœur Solange, dans leur clip « Put It In A Love Song », ou lors d’événements. En effet, on a pu apercevoir la cadette des Knowles arborer fièrement une robe faite de wax siglée Boxing Kitten, à la soirée Tao Beach de 2010 . Mais le boost suprême fut l’apparition de Michelle Obama dans des tenues griffées Duro Olowu et Maki Oh, créateurs nigérians. La tendance a vite pris chez les peoples et les fans ont suivis, ouvrant ainsi un marché des plus prolifiques aux grandes enseignes de prêt à porter, comme Zara ou en encore H&M. La marque suédoise a d’ailleurs récemment sorti une collection capsule en association avec Balmain, plus ethnique que jamais.

Une mode qui n’est pas prête de s’essouffler

 « Ce qui est frappant, à propos de la génération qui émerge, c’est la diversité des univers qu’ils expriment et le niveau de modernité qui les anime. Ils me semblent plus en phase avec les aspirations qui grondent sur le continent. », assure le créateur de Xuly Bët. Sur les traces de leurs ainés, de plus en plus de jeunes stylistes talentueux issus de l’immigration voient le jour. Fière de leurs origines, à la question pourquoi mélanger des tissus traditionnels aux touches modernes ? La réponse est « le retour aux sources ! », comme l’explique DK Ange. D’origine Rwandaise, elle a grandi entre Brussel, l’Afrique et Paris. Fan de foulard, c’est après de nombreuses sollicitations de personnes d’origines diverses sur la manière de l’attacher que la jeune femme lance en 2013 le mouvement Osez le foulard ! « Avec ces attachés de foulard, je veux libérer les reines qui sommeillent en toutes les femmes. Je veux mettre en avant ma vision de la beauté Africaine, et faire en sorte qu’elle intéresse d’autres personnes qui ne sont pas de cette origine » dit-elle. De plus en plus populaire, la styliste organise ces évènements tant en Afrique, qu’en France et réunit plus de 10 milles adeptes sur les réseaux sociaux. Autres créateurs prometteurs, Maureen Ayités, Béninoise de 27 ans, a créer la marque NanaWax. Elle a débuté son activité par la création d’une simple page Facebook « j’aime le pagne de chez moi » où la jeune togolaise partageait des photos de vêtements, sacs et accessoires qu’elle avait elle-même confectionnés. Le succès est arrivé très vite, la marque a été soutenue à l’étranger par les diasporas africaines un peu partout en Europe. La réussite de la créatrice lui a permis d’être classée à l’époque parmi les « 30 Africains de moins de 30 ans les plus influents selon le magazine Forbes Africa ».  À force de modernisation et grâce à l’engagement de nombreux stylistes talentueux, désireux de mettre l’amour de leur pays d’origines dans leurs créations, nul doute que la mode ethnique a encore de beaux jours devant elle !

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